La pollinisation : l’ingéniosité des plantes pour se faire féconder

La pollinisation - Les Doigts Fleuris
Comme chacun le sait, le propre d’une plante est de rester « plantée » là où elle a poussé ! Même si elle est capable de quelques mouvements, elle ne peut se « déplanter » pour aller chercher l’âme-sœur…

La solution consiste donc à confier à un intermédiaire la tâche délicate de transporter le pollen (mâle) jusqu’au stigmate, sorte d’antenne réceptrice du pistil (femelle), chargé de le capturer : c’est la pollinisation.

Pour la pollinisation, le vent l’emportera…

Certaines plantes confient leur pollen au vent, agent porteur par excellence pour les grains de pollen extrêmement légers. Le Noisetier est le prototype de ces plantes dites anémophiles. Il fleurit avant la sortie de ses feuilles pour qu’il n’y ait pas d’écran à la dispersion du pollen. En plein hiver, quand les butineurs sont absents, les longs chatons de fleurs mâles du noisetier libèrent chacun au gré du vent des millions de grains de pollen. Mais les pertes sont massives et bien peu arrivent à destination !  Les fleurs femelles, quant à elles, déploient discrètement leur belle houppette de stigmates rouge vif.

D’autre part, la capacité des graminées (dont nos céréales) à produire des quantités astronomiques de pollen confié au souffle du vent vaut à certains d’entre nous les désagréments bien connus du rhume des foins.

Pour beaucoup de plantes aquatiques, l’eau qui coule reste l’agent de transport idéal. Tel est le cas des nénuphars, mais aussi de rares plantes marines à fleurs, telles que les posodonies ou les zostères.

Butinez-moi…

Toutefois, la relation la plus étonnante, mise au point par les plantes à fleurs pour assurer leur pollinisation, reste le recours à un animal transporteur : un insecte le plus souvent, mais aussi un oiseau, une chauve-souris, voir même une souris ou un escargot !

Au cours de l’évolution, les plantes à fleurs ont développé d’innombrables stratagèmes pour attirer les insectes et leur confier le précieux pollen. Les une déploient des couleurs attractives à grand renfort d’affiches bien voyantes : calice, corolle, pétales, sépales… D’autres, offrent le divin nectar au fond de leur corolle, le tout rehaussé d’une note de parfum à faire chavirer les plus indifférents… y compris parmi les humains ! Certaines groupent leurs petites fleurs en grands ensembles pour créer des plis attractifs : les ombelles d’Aspiacées deviennent des pistes d’atterrissage garnies de nectar et les astéracées regroupent leurs minuscules fleurs en capitules.

Les farceuses…

Quelques rares perfides n’hésitent pas à tendre des pièges pour capturer l’insecte et le barbouiller de pollen: le cornet de l’arum tacheté ou la trompette de l’aristoloche en sont de bons exemples.

Le summum est sans doute atteint avec des orchidées qui imitent l’odeur sexuelle des femelles de guêpes ou d’abeilles solitaires.  Les mâles sont ainsi bien bernés quand ils tentent de s’accoupler avec cette fleur leurre sexuel. Ils repartent bredouilles, mais flanqués de deux « cornes » de pollen sur le front et prêts à remettre ça sur la prochaine fleur.

Ainsi va la vie trépidante des fleurs 😉

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