L’asclépias, ou l’herbe à perruches : le soyer du Québec va nous tenir chaud !

Asclepias, soie d’Amérique ou le soyer du québec - Les Doigts Fleuris
Longtemps considérée comme une mauvaise herbe, au Canada l’Asclépias pourrait faire naître une nouvelle industrie de taille considérable, écologique et implantée dans plusieurs régions du Québec…

Chez nous, l’Asclépias est utilisé pour orner les massifs en période estivale de ses jolis pompoms rose pâle et très délicat. Il faut savoir qu’à l’origine, beaucoup de plantes sont sauvages. Mais peu à peu, on les a introduit dans nos jardins pour leur esthétisme. Personnellement, j’affectionne beaucoup l’Asclépias pour son odeur très agréable en juin, ses couleurs délicates et ses graines originales en formes de perruches qui font la joie des enfants.

Asclepias, soie d’Amérique ou le soyer du québec - Les Doigts Fleuris

L’asclépias: ses nombreuses propriétés font d’elle une herbe pas si mauvaise…

Cette plante a des propriétés extraordinaires : la fibre de l’Asclépias repousse l’eau, mais absorbe l’huile et le pétrole deux fois plus que les matériaux existant sur le marché en cas de déversement pétrolier. C’est aussi un excellent isolant acoustique et surtout un fabuleux isolant thermique grâce à la fibre contenue dans sa graine qui ressemble à une perruche.

Des propriétés d’isolation thermique reconnue au fil de l’Histoire…

Le roi Louis XV utilisait déjà la « soie d’Amérique », produite à partir des fibres de la graine d’asclépias, pour ses vêtements chauds. D’ailleurs, le monarque en avait attribué l’exclusivité à son bonnetier. Mais, la conquête Britannique a mis un terme à ce début d’exploitation, car l’empire regorgeait de soie et de coton.

Un retour prometteur de l’exploitation de l’asclépias, pour fabriquer une fibre textile nouvelle génération !

Au Québec, une coopérative recrute des agriculteurs pour cultiver cette « mauvaise herbe » et produire une nouvelle fibre appelée la soie d’Amérique ou le soyer du Québec. Les agriculteurs sont au début d’une nouvelle aventure. La première récolte a eu lieu cette année. Pour ces acteurs, c’est une chance et une rareté dans une carrière de pouvoir débuter une nouvelle industrie. Bien que le démarrage de la culture d’asclépias est lent, car la plante arrive à maturité en deux ou trois ans, elle s’épanouie néanmoins sur des terres peu fertiles et surtout sans engrais !

Les québécois sont les premiers dans le monde à cultiver l’asclépias dans plusieurs régions. C’est une grande longueur d’avance pas négligeable dans ce monde où tout va très vite ! La première récolte à l’échelle industrielle de cette année s’est déjà écoulée ! L’objectif affiché est de multiplier par 10 la production le plus vite possible !

La soie d’Amérique ou le soyer du Québec déjà plébiscité dans des conditions extrêmes…

L’alpiniste Jean-François Tardif rapporte son expérience du soyer du Québec : « Pour les alpinistes, cela pourrait être une innovation majeure : habituellement, si l’on mouille notre duvet, c’est terminé puisqu’il n’isole plus et on doit rentrer. Et les produits synthétiques sont lourds et moins compressibles. Avec le soyer, une fibre légère et chaude, on pourrait diminuer le nombre de vêtements nécessaires et réduire le poids que l’on apporte sur la montagne […] On va avoir des vêtements de plein air plus chauds, plus légers, plus compressibles, capables d’affronter le froid et la pluie. Ça va faire un tabac ! » .

A SAVOIR : Cette plante est indispensable à la survie du papillon monarque, qui s’en nourrit et se reproduit. Pour le coup, le seul endroit où ce papillon a été vu cette année est dans les régions du Québec où a été cultivé l’asclépias.

La soie d’Amérique ou le soyer du Québec va vous tenir chaud et au sec ! Dame Nature donne toutes les solutions à nos petits problèmes 😉

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