[INSOLITE] Les démolisseurs des trottoirs…

Insolite - agaric des trottoirs - Les doigts fleuris
L’agaric des trottoirs (démolisseur des trottoirs), cousin de l’agaric des près ou rosé des près, est un champignon qui soulève la terre des jardins ou des bords de chemins. Il est connu dans les villes pour percer le bitume des trottoirs, ce qui lui a donné ce nom. Il est comestible, mais souvent délaissé à cause de ses zones de pousse peu appétissantes.

L’agaric des trottoirs et l’agaric des près sont quasiment sosie. Seul détail distinctif : l’agaric des trottoirs porte au pied deux anneaux, chose plutôt rarissime chez les champignons, alors que l’agaric des près n’en a qu’un seul. Il est vrai qu’en vieillissant, un des anneaux finit par s’effacer plus ou moins complètement. Plus personne n’est alors en mesure de différencier l’un de l’autre, à moins de comparer attentivement leurs spores, mais, pour cela, il faut être un vieux savant !

UN CHAMPIGNON QUI AIME LA VILLE

Laissons-le un peu s’exprimer et décrire son environement: « Je vois que cela étonne. Et pourquoi pas ? Il existe bien des espèces qui ne peuvent vivre que dans les bois.. Certaines ont même signé, m’a-t-on dit, des contrats d’exclusivité avec telle ou telle marque d’arbre ou d’arbuste. D’autres, ne se plaisent que dans l’herbe des prairies. A chacun ses goûts.

C’est ainsi, je ne me sens parfaitement heureux que lorsque je pousse au beau milieu d’un trottoir en ciment, entre le pavés humides d’une ruelle, ou bien, le pied solidement vissé dans le goudron des parkings de supermarchés…

Je profite des travaux de terrassement, dans les rues, pour lâcher mes spores, le vent se dépêche de les emporter et de les éparpiller un peu partout sur la terre fraichement remuée. Pas question de germer tout de suite, bien entendu, sinon où serait le gag ? J’attends d’abord que le chef de chantier ait fait ensevelir mes semences sous plusieurs chargements de grève, de terre ou de cailloux bien tassés. Et surtout n’hésitez pas à me compacter tout cela avec votre énorme rouleau compresseur, plus c’est serré plus j’adore !
 » .

Imaginez un instant la tête des passants, quand ils voient avec stupeur la surface de leur trottoir ou de leur entrée de garage se boursoufler tout doucement, dessiner une légère taupinière qui se fendille, puis qui éclate en plusieurs morceaux comme si Hercule en personne cognait par-dessous avec son gant de boxe…

Or, en fait, on voit apparaitre à la surface, le chapeau impeccablement équilibré sur la tête de l’agaric : 8 cm de diamètre, 90 grammes à la dernière pesée.

« Les badauds font aussitôt troupe autour de moi. Personne ne veut en croire ses yeux. On s’extasie, on s’interroge, on pousse des cris. Quoi, serait-ce cette miniature de champignon en latex quia réussi à trouer le béton? Quelqu’un court prévenir les journalistes, demain j’ai ma photo dans le journal. A peine né et déjà la gloire. » .

PS : Un agaric des trottoirs a été vu soulevant une plaque d’égout, un autre a réussi à lever une grille de protection d’arbre. On cite aussi le cas de cet autre fameux champignon qui sortit de terre sous un tonneau, réussissant même à le faire basculer. A la surprise générale, l’agaric a envoyé rouler le pauvre tonneau qui s’est brisé en contrebas…

Comments

comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *