Le vocabulaire argotique: plantes et sexualité…

Langage fleuri argotique - plantes et séxualité - Les Doigts Fleuris

Photo: (c) Christian Voulagopoulos

Le vocabulaire argotique réserve bien des surprises quant à l’abondance des expressions associant plantes et sexualité. Parmi les mots et les expressions que l’on peut recenser, un bon nombre se rapporte à une partie du corps ou fait directement allusion à la sexualité.

Pénétrons dans le vif du sujet. Abricot, pastèque, figue, oignon, mille-feuilles, nénuphar ou pâquerette désignent le sexe de la femme, alors que sa partie la plus intime prend les noms de framboise, bouton de rose, grain de café ou encore haricot (aliment dont la consommation était proscrite dans certains couvents de nonnes pour éviter de réveiller des choses endormies.).

Le terme d’échalotes correspond aux ovaires, celui de fraises aux tétons et ceux d’oranges ou de mandarines aux seins, et cela en fonction de leur taille. « Mettre ses oranges en étagère » veut dire « mettre en évidence ou en valeur sa poitrine » .

« Ecraser ses tomates » ou « avoir ses coquelicots » fait référence aux indispositions menstruelles des femmes.

Du côté des hommes, l’organe masculin qui se termine par un gland, se nomme : cornichon, chicon, guimauve, jonc, panais ou poireau, alors que les testicules sont des noix, noisettes ou olives. « Avoir la banane » veut tout simplement dire « avoir une érection » .

« Dérouiller le panais » ou « effeuiller la marguerite » correspond au passage à l’acte. On dira que l’on a vu « les feuilles par le dessous » lorsque cela se passe dans la campagne.

L’expression « avoir quelqu’un dans le raisin » veut dire qu’on l’aime à la folie et « avoir les pieds en bouquets de violettes » veut dire que l’on est comblé dans l’acte d’amour

La fleur correspond à la virginité et la marguerite désigne un préservatif. Le cresson représente les poils de la région pubienne de l’homme ou de la femme. Tout comme le persil qui peut également faire référence à la pilosité des aisselles.

Le mouron fait également référence aux poils pubiens mais uniquement chez la femme.

« Défriser la chicorée » , qui n’a rien à voir avec une pratique épilatoire, veut dire « pousser très en avant une conversation intime avec une femme » . Les termes de cocotier, noix ou pavot s’appliquent aux fesses.

Le langage argotique s’est également intéressé au plus vieux métier du monde.

« Aller aux asperges » correspond, pour une prostituée, « au fait de se mettre à la recherche de clients » , et « faire son persil » , à celui de « racoler sur la voie publique » . Le souteneur lui, « va aux épinards » pour relever les compteurs, et il est fort probable que « la moutarde lui monte au nez », si celles-ci n’ont pas suffisamment « amassé d’oseille ». A défaut de blé récupéré, ce sont des avoines, châtaignes et marrons qui seront distribués. A moins que la fille soit une bonne poire ou une laitue (prostituée débutante) qui a fait  le poireau de longues heures sur le trottoir ou alors que ses clients ont des cactus dans leur porte-monnaie. Pour les lesbiennes on parle de « marchandes d’ail » .

Pour en savoir plus : « Petite flore argotique » , par Robert Giraud. Edit, Halévy, 1968

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